Tu ne tueras point!

Et pourtant les bombes grondent,

les murs et les ponts s’effondrent

sur le pauvre monde,

coupant les veines

de notre mère,

la Terre,

qui gémit,

implore,

supplie :

tu ne tueras point!

 

Et la clameur s’étouffe

dans les pleurs des hommes,

dans les pleurs de la faune,

dans l’agonie de la vie

qui s’évanouit.

 

Désespérés les arbres

tendent leur branches en suppliant :

tu ne tueras point!

 

Mais personne n’écoute.

 

Notre mère se meurt.

Elle nous a donné le jour

et nous empoisonnons ses entrailles.

Nous envenimons l’air que nous respirons.

 

Et ceux qui lancent les bombes.,

et ceux qui tuent les races,

se mettent aussi à crier :

tu ne tueras point!

 

Mais que font donc les bombes?

sinon effacer toute trace de vie,

sinon créer des déserts ;

sinon détruire toute trace de paix

empêchant que sa semence ne germe !

 

Tu ne tueras point!

Et pourtant, sous ton masque de sauveur, tu tues!

Comment peux-tu penser que la mort tue la mort ?

 

Arrête donc, ne tue plus!

 

Ne vois-tu pas que la vie s’évanouit,

qu’elle s’engloutit dans le néant ?

Laisse-lui au moins ce brin d’herbe,

ce brin d’espoir qui luit encor.

 

C’est ton fils qui t’en supplie !

 

Tu t’arrêteras, j’ose le croire,

lorsque ton enfant mourra,

pour te demander la Paix.

 

Mais ce sera … trop tard !!