Tu m’as tout pris.
Je n’ai plus qu’un brin de vie,
de vie si faible qu’elle chancelle.
Et me voilà sur une nacelle
pour ne pas flancher,
pour ne pas mourir.
Pendant des jours et des jours
je brûle sous le soleil ;
pendant des nuits et des nuits,
je grelotte sur l’eau
dans mes frocs détrempés.
Et cette étincelle qui chancelle,
qui lutte pour ne pas s’éteindre,
arrive enfin sur le rivage.
Mais toi,
toi qui m’as tout pris,
tu ne veux pas
de cette flamme meurtrie
qui s’étale sur ta plage ;
et tu la renvoies
au gré des vents qui l’emportent
vers un au-delà
que l’on dit n’existe pas.
Ça ne te suffit pas !
De ma frêle nudité
tu veux encor te défaire !
Les requins
sont plus généreux que toi !