Paroles

D’abord ce fut l’enchantement.

Puis, le désenchantement.

Ensuite vint l’amour,

puis le chagrin s’installa.

Les paroles naquirent.

Des paroles qui s’enfermaient.

Des paroles qui s’amplifiaient.

Des paroles qui allaient s’éclater

à la lumière du soleil ;

à l’ombre de toutes les nuits.

Des paroles qui s’accumulaient,

Des paroles qui débordaient.

Des paroles qui lutaient,

qui ne voulaient pas mourir,

qui ne voulaient pas rester cachées :

cachées pour toujours

dans un endroit qui n’existait pas,

dans un endroit qui les engloutirait,

aussi sûr que déclinerait,

la pensée qui leur donna la vie.

 

 

24 août 1999