Félix Rodríguez de la Fuente
un chant d’espoir
une voix qui s’est tue
L’homme de la radio qui nous transmet le journal parlé de huit heures de matin reçoit un télex qu’il nous communique aussitôt : l’avionnette Cessna 185 qui, outre son pilote, transportait Félix Rodríguez de la Fuente et deux membres de son équipe s’est écrasée sur le sol glacé de l’Alaska à une heure du matin, heure espagnole, mais là-bas c’était une heure de l’après-midi. Il voulait filmer un convoi d’esquimaux tiré par des chiens. Le jour précédent, il avait fêté ses 52 ans. Je crois que sa femme est française puisqu’elle s’appelle Marcelle Parmentier. Il laisse trois petites filles de 13, 11 et 7 ans.
Voilà que le grand mystère de la mort plane de nouveau sur nous pour nous faire souffrir. Pourquoi cet homme qui faisait tant de bien doit-il disparaître ?... Que sa semence germe, que les gens aiment et vénèrent toujours davantage la terre, la nature et toutes les créatures que Dieu y fait naître. Que sa mort ne soit pas vaine, qu’elle avive en nous le désire de connaître son œuvre et de la faire prospérer… c’est mon souhait le plus ardent que je formule à l’humanité.
15 mars 1980
Un grand homme,
un ami de la vie,
est parti aujourd’hui
pour le grand voyage,
celui qui nous mène
dans l’au-delà.
Voyez comme la nature est inquiète !
La mer roule des vagues gémissantes,
les nuages sont lourds de tant de chagrin.
Le vent hurle dans les arbres, les oiseaux se sont tus ;
et mon cœur, tristement, se met à pleurer.
Mariette