Châtelaine de la poésie

 

Elle s’appelle Zaida,

elle n’a pas de château

avec des armes et des soldats ;

mais c’est une châtelaine.

Elle grandit et grandit parmi les roses.

Elle se maria et se lassa,

se lassa de tant de roses,

de leur parfum envahissant,

de tant d’épines qui la déchirent

et lui arrachent son bonheur !

Alors, son cœur s’échappa

par un petit hublot

et s’envola vers le soleil.

Et maintenant :

Les épines s’éclatent et deviennent des coquelicots,

les pétales rouges deviennent des paroles,

les paroles deviennent des vers,

les vers se mettent à chanter,

et la poésie de Zaida

s’émaille de fleurs.

 

 

Zaida

 

Tes poèmes sont des bouquets de senteurs,

de paroles qui grandissent dans le cœur,

de douleurs qui voudraient être bonheur,

de bonheurs qui finissent dans la douleur.

Mais la vie aime ta voix et elle t’envoie,

des éclairs d’une joie presque parfaite,

d’une joie qui calme l’angoisse de la nuit,

qui rend encor plus belle la lumière du jour,

quand doucement, à l’aurore elle s’éveille.

 

Et maintenant, et tendrement,

ton nom douillet comme de la laine

s’estampe sur mes pages blanches :

Zaida de Castelán,

châtelaine de la poésie.

 

 

24 octobre, 1998